Robert COMBAS (Né en 1957)

Estimation : 6 000/8 000 €

Prix de vente : 25 000 €

"Ramad’ja la mouquère",

Acrylique sur papier, Signée en bas à droite et datée 82. Légendée sur le pourtour : « Ramad’ja la mouquère trempe ton cul dans la soupière ». (Dim. : 111,5 x 104, 5 cm)

Artiste transgressif par excellence, Robert Combas s’intéresse à son époque et nous la restitue sous forme graphique. Il prend délibérément un ton cru, sans autre filtre que sa vision artistique, à l’image de la culture punk.

Notre oeuvre, datant de 1982, peut être interprétée comme un instantané d’un grand sujet de société.
L’auteur traite de l’immigration, de sa place en Europe et de son rapport au passé, évoqué par la chanson française Trabadja la mouquère.
Cette chanson paillarde, chantée par les soldats français en Afrique du Nord symbolise le passé colonial de la France, mais aussi par extension sa propension à une certaine forme de racisme face à l’arrivée d’immigrés d’Afrique du Nord.
Le personnage central, en djellaba et chéchia, incarne à son tour un maghrébin caricatural, non adapté au mode de vie européen.
La scène dans son ensemble expose tous les ingrédients du choc de deux cultures ancestrales qui ne se comprennent pas à priori, préfigurant soit une culture à venir, joyeuse et métissée issue des deux précédentes, soit un conflit.
Le personnage principal est traité en jaune et vert, technique que Combas utilise dans certaines de ses oeuvres de cette période comme Big fun.