VIOLET OAKLEY (1874-1961)

Estimation : 800/1200 €

Prix de vente : 8 906 €

Violet Oakley (1874-1961)

Illustration d'un rare poème de Joseph Russell Taylor (1868-1933) : the Canoe undershore. (le canoé sous la berge).

Technique mixte, dorure, incrustation de nacre. 

Signé en bas à droite dans la nacre.

Dans son cadre d'origine peint de motifs floraux et incrusté de nacre.

Dim : 58.5 X 35.5 cm.

Artiste de grand talent, Violet Oakley fut la première femme à recevoir une commande officielle. Elle reçoit en 1905 la médaille d'or de l'Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie.

Son style est d'abord marqué par son goût pour les vitraux et les décorations murales. Elle est très influencée par les préraphaélites et les thèmes historiques et littéraires. Mais sa grande créativité et son talent la pousse à toujours expérimenter de nouvelles techniques. 

Prise d'une réelle conscience politique, elle n'hésite pas à s'engager pour l'égalité des femmes. 

Il est possible que notre tableau ait une résonnance particulière dans l'oeuvre de Violet Oakley. 

Le poème de Joseph Russel Taylor, the canoe undershore, est publié dans scribners en juin 1903.

 " Only by the slow shadow along the canoe

Of leaves that hung our brows with wreath on wreath

Or the long sigh of lily pads beneath

By these alone our creeping pace we knew

So light we slipped not lighter falls the dew

So silent that the rich mute waywings stayed

As we stole under near and unafraid

And she bent back to look as we passed through

The overhanging leafage filled the boat

Rustling and fresh and cool to blind our eyes

Suddenly slowly curtaining side by side

A boy's head bent to knee a girl's whitee Throat

Laid back then we were through and in the sun

I did " I said and you did not" she cried."

Il s'agit clairement d'une référence à l'Ophélie d'Hamlet. 

Violet Oakley joue parfaitement avec les éléments ophéliaques pour rêver une splendide composition: Le saule, redondance de la chevelure tombant comme une couronne , l'eau bien sûr (l'élément féminin), les nénuphars et surtout la lumière et l'ombre qui crée cette douce torpeur qui mene inéxorablement vers la douceur de la mort...

Elle s'empare de cette ambiance très particulière qui confine à la tristesse, puis à la folie. Ophélie, dans Hamlet, est loin d'être un personnage secondaire. Elle se présente comme une jeune fille sage et réservée, et pourtant ce n'est pas le cas. De plus il éxiste un lien symbolique fort entre le prénom de l'artiste, sa conception de la position de la femme, et la pièce de Shakespeare : Hamlet est comparée à une violette, se fanant facilement et perdant toute consistance.

Durant le drame, les violettes sont mentionnées à plusieurs reprises:

"Pour ce qui est d'Hamlet, et de ses futiles faveurs,

N'y voyez qu'une fantaisie, le caprice d'un jeune sang,

C'est la violette en sa prime saison,

Précoce mais sans durée, douce mais périssable,

Le parfum et l'amusement d'une minute,

Rien de plus..."

Et Ophélie de soupirer plus tard :

"J'aimerais te donner des violettes, mais toutes se sont fanées lorsque mon père est mort".